Tu te souviens de ton meilleur développé couché. Enfin, à peu près. C’était « environ 80 kg pour 5 », c’était « il y a quelques semaines », et c’était une bonne sensation. Ce dont tu ne te souviens pas, c’est que la série d’avant était à 75 pour 6, que ton repos a duré quatre minutes au lieu de deux, ou que tu avais en fait déjà fait 80 pour 6 en mars.

Cet écart entre ce que tu crois avoir fait et ce que tu as vraiment fait, c’est là que la progression meurt en silence. C’est aussi la meilleure raison de noter tes séances : pas comme une corvée administrative, mais comme l’habitude qui change la façon dont tu prends toutes tes autres décisions d’entraînement.

Au programme : ce que dit la recherche sur le fait de consigner ses progrès, pourquoi la surcharge progressive est presque impossible sans carnet, quoi noter, et un plan de quatre semaines pour prendre l’habitude de suivre tes séries.

Ta mémoire te ment sur ton développé couché de la semaine dernière

Si tu ne notes pas tes séances, ton souvenir de ton propre entraînement est pire que tu ne le crois, et au plus mal précisément au moment où ça compte.

Le problème de la « fausse progression »

La mémoire est une reconstruction, et elle reconstruit en ta faveur. Demande à quelqu’un ce qu’il a fait au squat mardi dernier : tu auras un chiffre rond et une impression agréable. Demande-lui ce qu’il a fait à la troisième série, après une deuxième ratée, et tu auras un haussement d’épaules.

Appelle ça la fausse progression : tu crois ajouter du poids parce que tu te souviens des bonnes séances et que tu oublies les moyennes. Qui ne note pas ses séances ne ment pas : il croit à son histoire. Un carnet d’entraînement est la seule chose dans la salle qui n’a aucun intérêt à te flatter.

Trois erreurs d’arrondi apparaissent dans tout historique d’entraînement non noté :

Chacune est petite. Ensemble, elles font que tu compares cette semaine à une version de la semaine dernière qui n’a jamais existé.

Ce que montre vraiment la recherche sur l’auto-déclaration

Ce n’est pas une bizarrerie de la muscu ; c’est ainsi que les gens rendent compte de leur activité en général. Quand Tucker, Welk et Beyler ont comparé ce que des adultes américains déclaraient sur leur activité physique avec ce que mesuraient des accéléromètres, 62 % disaient respecter les recommandations nationales d’activité. D’après les données des appareils, 9,6 % le faisaient vraiment (Tucker et al., 2011).

DISAIENT RESPECTER LES RECOMMANDATIONS 62 % LES RESPECTAIENT VRAIMENT (ACCÉLÉROMÈTRE) 9,6 % NHANES 2005-06 · Tucker, Welk & Beyler, Am J Prev Med 2011
Déclaration contre mesure, adultes américains. Le même biais de mémoire se cache derrière chaque « je crois que j’en ai fait 8 la semaine dernière ».

C’est de l’activité générale, pas des racks à squat, mais le mécanisme (biais de mémoire et un peu d’autocomplaisance) est exactement ce qui se passe quand tu essaies de te souvenir de ton développé couché. Et la mémoire est la moins fiable juste après une série difficile, quand ton cœur s’emballe et que toute ton attention sert à ne pas lâcher la barre. Noter tes séances série par série, dès que tu reposes la barre, sort la décision de ce brouillard. Tu ne demandes pas à un cerveau à bout de souffle de faire du calcul mental. Tu lis un chiffre.

Noter tes séries, c’est ce qui rend la surcharge progressive possible

Si tu ne retiens qu’une idée de cet article : la surcharge progressive est une question de données avant d’être une question d’effort.

Bats ton carnet, pas ton ressenti

L’American College of Sports Medicine définit la surcharge progressive comme « l’augmentation graduelle du stress imposé au corps pendant l’entraînement » (ACSM, 2009). Le mot clé est graduelle. Une petite augmentation, délibérée, par rapport à ce que tu as fait avant.

Par rapport à quoi, exactement ? Si tu ne connais pas les chiffres de la dernière séance, « plus que la dernière fois » n’a aucun point de repère. Soit tu répètes la même charge pendant des mois parce qu’elle te paraît lourde, soit tu sautes trop haut parce qu’elle te paraît légère, et tu cales à la troisième série. Nous avons couvert la théorie dans Surcharge progressive : le seul principe qui fait vraiment gagner en force. En bref : impossible de l’appliquer sans noter tes séances.

Les trois leviers qu’un carnet rend visibles

Quand tu notes tes séances, trois leviers deviennent évidents :

LevierCe que montre le carnetQue faire
ChargeMêmes répétitions, mêmes séries, dernière chargeAjoute ton plus petit disque
RépétitionsMême charge, répétitions par sérieAjoute une répétition à une série
VolumeSéries × répétitions × charge, par muscle et par semaineAjoute une série avant d’ajouter du poids

Le volume est le levier le plus sous-estimé. Dans une méta-analyse de 15 études, Schoenfeld, Ogborn et Krieger ont trouvé une relation dose-réponse graduelle entre les séries hebdomadaires et la croissance musculaire : environ 0,37 % d’hypertrophie en plus par série hebdomadaire supplémentaire, 10 séries ou plus par muscle faisant mieux que des volumes plus faibles (Schoenfeld et al., 2017). Impossible de connaître de mémoire tes séries hebdomadaires par muscle. Un carnet qui associe chaque exercice à ses muscles peut te dire que tes pectoraux ont eu 14 séries cette semaine et tes ischio-jambiers 4.

Un exemple concret : ton carnet de développé couché
  • Semaine 1 : 70 kg - 8, 8, 7
  • Semaine 2 : 70 kg - 8, 8, 8
  • Semaine 3 : 72,5 kg - 8, 7, 6
  • Semaine 4 : 72,5 kg - 8, 8, 7

Une double progression de manuel, et invisible sans les chiffres. La semaine 3 ressemblait à un mauvais jour : tu as perdu des répétitions. Le carnet montre que c’était un bon jour : barre plus lourde, plus de travail au total.

Noter tes séries te permet de voir cette bonne séance au mauvais ressenti pour ce qu’elle est. C’est aussi pour ça qu’une bonne appli de carnet de muscu préremplit chaque série avec ce que tu as fait la dernière fois : le point de repère est à l’écran avant même que tu aies la barre en main, et la seule question qui reste, c’est « une de plus ? »

La science : pourquoi noter tes séances démultiplie le changement d’habitudes

138 études, 19 951 personnes

En 2016, Harkin et ses collègues ont regroupé 138 expériences dans lesquelles les participants étaient répartis au hasard entre suivre ou non leurs progrès vers un objectif. Sur près de 20 000 personnes, renforcer le suivi des progrès a amélioré l’atteinte des objectifs avec une taille d’effet de d = 0,40 (Harkin et al., 2016) : un effet moyen, à peu près ce qu’on attendrait d’un coaching correct.

Deux modérateurs comptent pour qui soulève de la fonte : l’effet était plus fort quand les progrès étaient consignés physiquement plutôt que simplement remarqués, et plus fort quand ils étaient communiqués ou rendus publics. L’écrire vaut mieux que d’y penser. Le montrer à quelqu’un vaut mieux que de l’écrire.

Ce que 389 000 utilisateurs d’une appli ont appris aux chercheurs sur la régularité

Qui s’entraînera encore dans un an ? En 2026, Conti, Marzagão, Galpin et Schoenfeld ont suivi pendant 12 mois 389 481 adultes à partir de leur première séance enregistrée dans une appli de fitness (Conti et al., 2026). L’assiduité était définie avec générosité : une séance par semaine, jusqu’à six semaines manquées autorisées. À 12 mois, 10,1 % des débutants étaient toujours assidus, contre 18,3 % des intermédiaires et 25,8 % des avancés.

Le meilleur prédicteur pour tenir un an n’était ni l’âge, ni le sexe, ni la durée des séances. C’était la régularité pendant les 28 premiers jours : un écart-type de jours actifs en plus le premier mois signifiait un risque d’abandon inférieur de 27 % à la semaine 11.

C’est une étude observationnelle : elle ne peut pas prouver que noter ses séances cause l’assiduité, car ceux qui notent dès le début sont peut-être simplement ceux qui allaient tenir de toute façon. Mais elle chiffre ce que sait tout pratiquant expérimenté : le premier mois décide de beaucoup de choses, et noter tes séances est le moyen le moins cher de rendre ce mois visible. Le carnet n’est pas un miroir, c’est un levier. Un miroir reflète ce qui s’est passé ; un levier change ce qui se passe ensuite.

Un carnet transforme l’effort en décisions

L’effort sans information, ce n’est que de la fatigue. Un carnet transforme ce même effort en décisions.

Repérer une stagnation avant qu’elle te coûte un mois

De mémoire, une stagnation, c’est « j’ai l’impression de bloquer au développé couché depuis un moment ». Dans un carnet, c’est :

  1. Les répétitions bloquées au même poids pendant trois séances ou plus. Pas un mauvais jour : une tendance.
  2. Le 1RM estimé plat pendant quatre semaines ou plus. Passe ta meilleure série dans le calculateur de 1RM chaque semaine et regarde la courbe, pas le jour.
  3. L’effort qui grimpe à charge égale. Si 80 kg pour 8 était un RPE 7 en juin et un RPE 9 en août, quelque chose cloche (récupération, sommeil, volume), même si le chiffre n’a pas bougé.

Sans noter tes séries, tu remarques une stagnation six semaines après son début, quand la frustration a pris le dessus sur l’optimisme. Avec un carnet, tu la remarques dès la deuxième semaine et tu changes quelque chose : une décharge, une variante, une série ajoutée ailleurs. BULQ le signale automatiquement : une carte stagnation quand un exercice n’a pas vu de nouveau record depuis des semaines, une carte pic ou baisse de volume quand une semaine dépasse 130 % ou tombe sous 50 % de ta moyenne des quatre semaines précédentes. Mais il faut que les données existent pour que quoi que ce soit puisse les lire.

L’autorégulation ne marche qu’avec un carnet

L’autorégulation (ajuster la charge à ta forme réelle du jour grâce au RPE, l’effort perçu, ou au RIR, les répétitions en réserve) est l’avancée la plus utile de la dernière décennie en matière de prescription d’entraînement. Helms et ses collègues ont décrit l’échelle de RPE fondée sur le RIR en 2016 (Helms et al., 2016), et les estimations de RIR se sont depuis révélées très fiables d’une séance à l’autre, avec des corrélations intraclasses de 0,95-0,99 au soulevé de terre et au développé couché (Mansfield et al., 2022).

Est-ce que ça marche ? Dans un essai de 12 semaines, Graham et Cleather ont placé 31 hommes entraînés en musculation sur un programme de squat deux fois par semaine : un groupe à pourcentages fixes de son 1RM initial, l’autre en autorégulation par le RIR, à volume égal. Le groupe autorégulé a progressé de 11,7 % au squat avant et de 10,8 % au squat arrière, contre 8,3 % et 7,1 % avec charges fixes (Graham & Cleather, 2021).

Remarque ce que ça exige : il faut savoir ce que voulait dire « RPE 8 à 100 kg » la dernière fois pour décider si le RPE 9 d’aujourd’hui signifie lever le pied ou pousser. Impossible sans trace de la charge et de l’effort. L’autorégulation, c’est une méthode de suivi déguisée en coach.

Lis la tendance, pas le jour

Une seule séance, c’est du bruit : le sommeil, la caféine, un mauvais échauffement font bouger les chiffres d’un jour plus qu’une semaine d’adaptation réelle. La valeur d’un carnet d’entraînement, c’est la pente sur quatre à huit semaines : la courbe du 1RM estimé et les séries hebdomadaires par muscle. Elles bougent lentement, et elles veulent dire quelque chose.

Comment noter tes séances change ta façon de t’entraîner

Les bienfaits du suivi de tes séances ne se limitent pas à une meilleure information. Quand tu notes tes séances, ton comportement à la salle change.

Tu arrives avec un objectif, pas une impression

Sans carnet, on s’échauffe et on voit comment ça se sent. Avec un carnet, on arrive au rack en connaissant déjà le chiffre : 82,5 pour 5, parce que la semaine dernière c’était 80 pour 5, 5, 5. L’échauffement se calcule à rebours depuis l’objectif (notre calculateur d’échauffement le fait en quelques secondes), le repos est réglé selon ce que demande l’objectif, et la première série de travail n’est pas un pari : c’est une tentative.

Le choix des exercices change aussi. Quand tu vois quels mouvements progressent et lesquels non, tu gardes ceux qui avancent et tu remplaces celui qui n’a rien donné en douze semaines, sur la foi des preuves, pas par lassitude. Et l’outil standards de force ne t’apprend quelque chose que si les performances que tu y saisis sont exactes.

Le repos devient une variable que tu contrôles

Demande à quelqu’un qui ne note pas ses séances combien de temps il se repose. « Deux minutes à peu près. » Puis observe : quatre minutes et demie sur le téléphone après une grosse série de squat, quarante secondes entre deux exercices d’assistance parce que la salle est bondée.

Le repos est une variable d’entraînement, aussi réelle que la charge ou les répétitions. Trois minutes au lieu de quatre-vingt-dix secondes changent ce que tu peux soulever à la série suivante, ce qui change ce que dit ton carnet, ce qui change ce que tu tenteras la semaine prochaine. Un minuteur de repos qui démarre tout seul dès que tu notes une série rend le repos régulier, et un repos régulier rend les comparaisons d’une semaine à l’autre honnêtes. C’est pour ça que le minuteur de BULQ démarre automatiquement à la fin de chaque série, avec des réglages par exercice : trois minutes pour le squat, quatre-vingt-dix secondes pour les curls.

L’effort augmente quand le chiffre est sous tes yeux

Sans carnet, la dernière série est facultative. Tu en as « fait assez ». Avec un carnet, la dernière série décide si la ligne affiche 8, 8, 8 ou 8, 8, 6, et tu reverras cette ligne la semaine prochaine.

Ce n’est pas de la gamification : ni badges ni séries de jours. C’est juste plus difficile de te convaincre de lâcher une répétition quand le chiffre précédent est à l’écran. Le suivi avance la décision difficile : tu décides avant la série, au calme, avec le carnet qui te dit ce qui est possible, pas en pleine série, quand la moindre excuse semble raisonnable.

Quoi noter (et quoi ignorer)

Plus de données ne veut pas dire de meilleures données. Ceux qui arrêtent de noter leurs séances ont en général essayé d’en noter trop.

L’indispensable

Cinq choses, à chaque série :

  1. Exercice : assez précis pour être comparable. « Développé couché » et « développé incliné avec haltères » sont deux lignes différentes.
  2. Charge : ce qu’il y avait vraiment sur la barre, barre comprise. Un calculateur de disques te dit à quoi ressemblent 82,5 une fois chargés.
  3. Répétitions : le nombre réel, pas l’objectif.
  4. Type de série : échauffement, travail, drop set, échec, AMRAP.
  5. Date : évident, mais les carnets papier la perdent sans arrêt.

Le type de série est ce que la plupart des pratiquants zappent, et ça compte : si les séries d’échauffement comptent comme séries de travail, ton volume hebdomadaire par muscle est gonflé de 30-40 % et toutes les conclusions que tu en tires sont fausses. Marque-les.

Le bonus

À laisser tomber

Le principe : note ce qui change une décision. Si un chiffre ne changerait rien à ce que tu fais la semaine prochaine, c’est du superflu.

Carnet papier, appli de notes ou appli de suivi d’entraînement

Les trois fonctionnent. Elles échouent simplement de façons différentes.

Là où le papier gagne (et perd)

Un journal d’entraînement papier a de vrais avantages : pas de batterie, pas de pub, pas de notifications, et écrire « 80 × 8 » prend deux secondes. Là où il perd, c’est sur tout ce qui vient après la séance. Le papier ne peut pas te donner tes séries hebdomadaires par muscle, ni te signaler que ton 1RM estimé stagne depuis le printemps, ni préremplir la série suivante. Chaque bilan, c’est du calcul à la main, donc les bilans n’ont pas lieu. Une appli de notes sur le téléphone, c’est du papier avec une recherche : mêmes forces, mêmes faiblesses.

Ce que doit faire une bonne appli de carnet de muscu

Si tu notes tes séances sur ton téléphone, une appli de suivi d’entraînement mérite sa place en faisant ce que le papier ne sait pas faire, sans ralentir ce que le papier fait bien (noter une série) :

Nous construisons BULQ exactement autour de cette liste : une série se note en moins de trois secondes, le minuteur démarre tout seul, les PR sont détectés automatiquement, et une carte musculaire après chaque séance montre ce que tu as travaillé. C’est gratuit, sans pub ni paywall en pleine série ; les analyses avancées et l’historique illimité sont dans Pro. BULQ importe les CSV de Hevy, Strong et Lyfta, donc changer ne coûte rien. La limite, en toute honnêteté : BULQ est pensé d’abord pour Android, avec une appli compagnon Wear OS, et iOS arrive bientôt. Notre sélection testée des applis gratuites de suivi d’entraînement le compare aux autres sur les mêmes critères, et BULQ vs Hevy passe tout en revue, fonction par fonction.

La règle des trois secondes

Quel que soit ton choix : si noter une série prend plus de temps que reposer la barre, tu arrêteras dans le mois. C’est pour ça que les pratiquants arrêtent de noter leurs séances, et c’est pour ça que le meilleur outil est celui qui se fait oublier. Si ta méthode actuelle échoue à ce test, c’est ça ton problème, pas ta volonté.

Pour commencer : note tes séances pendant quatre semaines sans te prendre la tête

L’étude de Conti dit que les 28 premiers jours comptent le plus. Voici un plan de 28 jours pour celles et ceux qui ont déjà essayé de noter leurs séances et qui ont arrêté.

Semaine 1 : note, c’est tout

Ne change rien à ton entraînement. Ne te fixe pas d’objectifs. Note tes séances en entier, c’est tout : chaque exercice, chaque série, la charge, les répétitions, le type de série. Si tu utilises une appli, ajoute tes exercices habituels avant la première séance pour ne pas les chercher en pleine séance. Le but est d’avoir une base de référence, et elle va te surprendre : la plupart des pratiquants découvrent que leurs « 8 séries de pecs » étaient cinq séries de travail et trois d’échauffement.

Semaines 2-4 : bats un chiffre par séance

Choisis un chiffre à battre par séance. Pas sur tous les mouvements : un seul. Ajoute une répétition à une série, ou 2,5 kg sur un mouvement, et égale la semaine dernière sur tout le reste. La plupart du temps, tu y arriveras. Parfois non, et le carnet montrera que c’était une mauvaise nuit, pas une stagnation. À la fin de la quatrième semaine, tu auras douze séances de vraies données, une poignée de PR que tu n’aurais jamais remarqués de mémoire, et l’habitude.

Le bilan du dimanche

Cinq minutes, une fois par semaine : la tendance de ton 1RM estimé sur deux ou trois mouvements principaux, et les séries par muscle. Ne regarde pas tous les jours : les données quotidiennes, c’est du bruit. Si la courbe du 1RM est plate depuis quatre semaines, change une chose. Si un muscle qui compte pour toi a eu moins de dix séries, ajoute une série. Si tout monte, ne change rien. Le carnet te dit quand ne pas toucher à ce qui marche autant que quand intervenir.

À retenir

Points clés
  • La mémoire te flatte. Les répétitions sont arrondies au-dessus, le repos en dessous, et le souvenir est au plus mal juste après une série difficile.
  • La surcharge progressive a besoin d’une « dernière fois » consignée. Pas de carnet, pas de point de repère.
  • L’écrire, ça marche. Sur 138 études, consigner ses progrès a amélioré l’atteinte des objectifs, encore plus quand c’était noté physiquement.
  • Les 28 premiers jours prédisent l’année. La régularité des débuts était le meilleur prédicteur de l’entraînement à 12 mois.
  • Note cinq choses : exercice, charge, répétitions, type de série, date. Ajoute le RPE plus tard. Oublie les calories brûlées.
  • La règle des trois secondes : si noter une série prend plus de temps que reposer la barre, tu abandonneras.

Conclusion

Noter ses séances n’est pas un trait de caractère réservé aux fans de tableurs. C’est la différence entre s’entraîner avec un point de repère et s’entraîner au ressenti, et la recherche est claire sur ce qui donne des résultats. Consigner ses progrès améliore l’atteinte des objectifs. Le premier mois prédit l’année. Et la surcharge progressive, la raison même pour laquelle l’entraînement fonctionne, dépend de savoir précisément ce que tu as fait la dernière fois.

Ceux qui ne notent pas leurs séances ne sont pas paresseux. Ils se fient à une mémoire qui arrondit les répétitions au-dessus, le repos en dessous, et oublie les séances moyennes. Ceux qui les notent arrivent à chaque séance avec un chiffre à battre, repèrent les stagnations à la semaine deux plutôt qu’à la semaine huit, et s’entraînent plus dur sans même le décider.

Cinq données par série, un chiffre à battre par séance, cinq minutes le dimanche. Papier ou appli, c’est une décision moins importante que celle de noter tes séances ou non.

Un carnet de muscu qui respecte la règle des trois secondes

Des séries en un appui, un minuteur de repos qui démarre tout seul, des PR automatiques, pas de pub ni de paywall en pleine série. BULQ est gratuit sur Google Play et importe ton historique Hevy, Strong ou Lyfta, pour que tu gardes chaque séance déjà notée. Ensuite, va battre un chiffre.

Télécharge BULQ sur Google Play

Questions fréquentes

Pourquoi noter tes séances si tu vas à la salle de temps en temps ?

Parce que c’est justement là que la mémoire flanche le plus. Si tu t’entraînes deux fois par semaine, il y a sept jours entre deux séances pour que les chiffres se brouillent. Noter tes séances n’exige ni programme ni objectif : ça veut juste dire que mardi prochain, tu sauras ce que tu as fait mardi dernier. La méta-analyse de Harkin a montré que le suivi des progrès aide quel que soit le type d’objectif, pas seulement chez les sportifs sérieux.

Quelle est la meilleure façon de suivre tes progrès en musculation ?

Note tes séances série par série (exercice, charge, répétitions et type de série), puis surveille deux chiffres chaque semaine : ton 1RM estimé sur les mouvements principaux (utilise un calculateur de 1RM) et ton nombre de séries hebdomadaires par muscle. Ces deux tendances te disent si tu gagnes en force et si tu en fais assez pour continuer à progresser.

Une appli de suivi d’entraînement vaut-elle mieux qu’un carnet papier ?

Pour noter une seule série, un bon carnet est aussi rapide qu’une bonne appli. Pour tout le reste (détection des PR, volume par muscle, tendance du 1RM, préremplissage avec les chiffres de la dernière séance), une appli de suivi d’entraînement fait un travail qu’un carnet ne peut pas faire. Le hic : beaucoup d’applis sont plus lentes que le papier pour la tâche de base, noter ses séances. Choisis-en une qui respecte la règle des trois secondes, et vérifie qu’elle peut exporter tes données.

À quelle fréquence relire mon carnet d’entraînement ?

Une fois par semaine suffit largement. Les chiffres du jour varient avec le sommeil, la caféine et la qualité de l’échauffement ; ce sont les tendances hebdomadaires du 1RM estimé et des séries par muscle qui reflètent l’adaptation réelle. Cinq minutes de bilan le dimanche repèrent une stagnation dans les deux ou trois semaines qui suivent son début, assez tôt pour la corriger à moindre coût.

Comment savoir si je stagne ?

Trois signaux dans ton carnet : les répétitions bloquées au même poids pendant trois séances ou plus, le 1RM estimé plat pendant quatre semaines ou plus, et l’effort (RPE) qui grimpe à charge égale. Une mauvaise séance, c’est du bruit. Deux de ces trois signaux ensemble, c’est une stagnation. Change une variable (en général le volume ou une variante) et laisse-lui trois semaines.

Noter ses séances aide-t-il à être régulier ?

Les preuves les plus solides disent oui, de façon indirecte. Sur 138 études, suivre ses progrès a amélioré l’atteinte des objectifs, et l’effet était plus fort quand les progrès étaient consignés physiquement. Dans une cohorte de 389 000 utilisateurs, la régularité des débuts était le meilleur prédicteur de l’entraînement un an plus tard. Un carnet ne t’oblige pas à venir, mais il rend une semaine manquée visible, et les trous visibles se comblent plus souvent que les invisibles.

Références

  1. Harkin, B., Webb, T. L., Chang, B. P. I., Prestwich, A., Conner, M., Kellar, I., Benn, Y., & Sheeran, P. (2016). Does monitoring goal progress promote goal attainment? A meta-analysis of the experimental evidence. Psychological Bulletin, 142(2), 198-229. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26479070
  2. Conti, F., Marzagão, T., Galpin, A. J., & Schoenfeld, B. J. (2026). Predictors of long-term resistance exercise adherence: evidence from a large cohort of mobile app users of various experience levels. Frontiers in Sports and Active Living. doi.org/10.3389/fspor.2026.1855668
  3. American College of Sports Medicine. (2009). Position stand: Progression models in resistance training for healthy adults. Medicine & Science in Sports & Exercise, 41(3), 687-708. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19204579
  4. Schoenfeld, B. J., Ogborn, D., & Krieger, J. W. (2017). Dose-response relationship between weekly resistance training volume and increases in muscle mass: A systematic review and meta-analysis. Journal of Sports Sciences, 35(11), 1073-1082. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27433992
  5. Graham, T., & Cleather, D. J. (2021). Autoregulation by "repetitions in reserve" leads to greater improvements in strength over a 12-week training program than fixed loading. Journal of Strength and Conditioning Research, 35(9), 2451-2456. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31009432
  6. Helms, E. R., Cronin, J., Storey, A., & Zourdos, M. C. (2016). Application of the repetitions in reserve-based rating of perceived exertion scale for resistance training. Strength and Conditioning Journal, 38(4), 42-49. PMC4961270
  7. Mansfield, S. K., et al. (2022). Repetitions in reserve is a reliable tool for prescribing resistance training load. Journal of Strength and Conditioning Research. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36135029
  8. Tucker, J. M., Welk, G. J., & Beyler, N. K. (2011). Physical activity in U.S. adults: Compliance with the Physical Activity Guidelines for Americans. American Journal of Preventive Medicine, 40(4), 454-461. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21406280

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